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Disclaimer : Cet article est basé sur une série de vidéos réalisées en mars 2022 pour l’association Simone s’éveille, visant à éclairer le débat récurrent en France autour du port du hijab. Vous trouverez les vidéos en question à la fin de l’article.
Aujourd’hui, je vais vous parler de l’obsession de nombreux Français et Françaises à l’égard du port du hijab, également appelé foulard religieux, voile islamique, ou encore foulard musulman. Dans cet article, j’éviterais le terme « voile » en raison de sa connotation négative en français. Aussi, je m’abstiendrais de dire “personne voilée” afin de ne pas déshumaniser ou essentialiser les individus concernés (à l’instar de « personne chaussée » pour une personne portant des chaussures).
Cette obsession autour du foulard religieux trouve ses racines dans l’histoire coloniale. À la fin des années 1950, de nombreuses cérémonies de dévoilement ont eu lieu en Algérie, notamment à Alger. Ces cérémonies, où des femmes musulmanes algériennes portant le haïk étaient exhibées pour brûler ce vêtement, étaient perçues par les colons comme un spectacle symbole d’émancipation. Cependant, pour certaines Algériennes, conserver le haïk devenait un acte de résistance face à l’oppresseur.
Des affiches de propagande, telles que celle réalisée par le cinquième bureau d’action psychologique de l’armée, incitaient les femmes musulmanes à se dévoiler, renforçant ainsi l’idéologie coloniale.
Cette obsession n’est pas seulement un vestige du passé. Récemment, elle a refait surface dans les médias à travers diverses polémiques :
- Les polémiques autour du burkini, notamment depuis 2016.
- Le retrait des hijabs de course par l’enseigne Decathlon de ses magasins en France.
- Les propositions d’amendements visant à interdire le port du hijab par les accompagnatrices scolaires.
- Les tentatives d’interdiction du hijab dans les compétitions sportives.
Pourquoi cette obsession est-elle problématique ?
Parce qu’elle perpétue l’image de la femme musulmane comme soumise et opprimée par les hommes de son entourage. Comme le souligne Vanessa Rivera, « considérer les femmes musulmanes comme des victimes éternelles est islamophobe ». Cette perspective, véhiculée par le fémonationalisme, prétend que le sexisme émane principalement des hommes non-blancs ou musulmans.
En fin de compte, ce rejet du hijab par des personnes non concernées n’est qu’une nouvelle injonction vestimentaire imposée aux femmes, souvent teintée d’islamophobie. On observe ici une volonté de contrôler les corps féminins au nom de la préservation du « mythe de l’homogénéité nationale ».
Même au sein du mouvement féministe, la question du port du voile est source de division. Pour Françoise Agnès, historienne, politologue et militante féministe décoloniale, l’islamophobie est souvent déguisée sous le masque des droits des femmes. Au nom de la laïcité et de l’émancipation féminine, certains Français et Françaises contribuent à l’exclusion des femmes portant le hijab de la société.
Cessons donc de dicter aux femmes comment s’habiller et arrêtons de dissimuler notre islamophobie derrière des principes tels que la laïcité et l’émancipation des femmes.
SOURCES :
@sahouti.fr sur Instagram « Je ne suis pas un voile » et « De l’appropriation du corp des femmes durant la colonisation à la politisation du voile« .
@simoneseveille Partie 1 : le port du hijab en France
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@simoneseveille Partie 2 : le port du hijab en France @simoneseveille ♬ love nwantinti (ah ah ah) – CKay