Les sénatoriales d’octobre 2020

Actualité Politique Politique française

Dans cet article, je ne vais pas véritablement traiter le déroulement des élections sénatoriales. Je vais plutôt y aborder certains phénomènes qui en sont ressortis.

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Souvenez-vous, cet été, nous avions tous été étonné par la « vague verte » qui a submergé les résultats des élections municipales.

Yasmine Gateau
https://www.lexpress.fr/actualite/politique/eelv/pour-les-municipales-la-vague-verte-manque-de-carburant_2116436.html

Mais retrouve-t-on cette même vague verte dans le résultat des sénatoriales ?

Pour y répondre, il va bien falloir comprendre le rôle du Sénat. Ce dernier est fait pour, justement, casser les vagues.

En effet, il est renouvelé par moitié tous les trois ans, c’est-à-dire que tous les trois ans, la moitié des sénateurs se fait réélire, et trois ans plus tard, c’est au tour de l’autre moitié de se faire réélire.

Alors, certes, le résultat des sénatoriales est quelque peu dépendant de celui des municipales. Mais il est surtout dépendant des résultats des communes. Or, rappelons-le, la vague verte a surtout touché les grandes villes telles que Marseille, Lyon ou Bordeaux.

Donc les résultats au municipales des candidats d’Europe Ecologie Les Verts (EELV) et leurs alliés ne pèsent pas vraiment dans les sénatoriales :

  • Pour une première raison simple : toutes les villes françaises n’ont pas forcément des sièges en jeu (le renouvellement des sénateurs ne concerne, par définition, que la moitié du territoire. Il n’y a donc que la moitié de la France qui vote).
  • Les Verts n’ont pas réellement progressé dans les communes de quelques milliers d’habitants.

Résultat : Il y a eu cinq sénateurs élus ou réélus du parti écologiste. Sachant qu’on trouvait déjà cinq sénateurs du parti écologiste au Sénat, qui, eux, n’étaient pas concernés par ces élections.

On retrouve donc au Sénat une dizaine d’élus écologistes, ce qui est suffisant pour leur permettre de former un groupe écologiste au Sénat.

Plantu
https://twitter.com/plantu/status/1277570707661164544/photo/1

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Qu’est-ce qu’un groupe au Sénat ?

Pour former un groupe au Sénat, il faut un minimum de dix personnes.

Il y a déjà eu, auparavant, un groupe écologiste au Sénat, mais qui il a disparu car ses membres se sont fondus dans d’autres groupes de gauche. Mais aujourd’hui, les écologistes peuvent se rassembler une nouvelle fois pour reformer un nouveau groupe.

De nouveaux groupes peuvent également se reformer au centre, car il existe une multitude de groupes centristes au Sénat (LREM, l’Union Centriste, le RDSE…).

Les groupes au Sénat sont très fluctuants et les partis politiques ont, mine de rien, une emprise assez moindre dessus. Le Sénat est donc un peu un écosystème en lui-même.

https://www.senat.fr/grp/

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Qu’en est-il de la représentation des partis politiques ?

Beaucoup de partis politiques français ne sont pas ou peu représentés au Sénat. C’est le cas des formations d’extrême gauche, qui ne sont pas représentées. Les scores du Rassemblement National (RN) aux sénatoriales sont également très faibles.

Les sénatoriales ont montré que le parti du chef de l’Etat, La République En Marche (LREM), n’arrive pas à s’enraciner dans le France profonde, urbaine ou rurale. Les sénatoriales sont donc vraiment une question d’implémentations locales. Et lorsqu’on n’en a pas, on ne peut pas gagner les sénatoriales.

Enfin, le seul siège que le RN a reçu, c’est grâce à un peu plus de 10% des voix.

Cela montre bien que les sénatoriales sont vraiment des élections particulières. De plus, à des endroits, le vote se déroule à la proportionnelle, à d’autres, à la majorité.

Tous ces éléments font de cette élection, une élection relativement illisible, d’autant plus qu’on ne voit pas vraiment la campagne se dérouler (puisque c’est un vote indirect. Les citoyens ne votent pas, ce sont les représentants des citoyens qui vont voter pour eux).

https://www.leravi.org/politique/elections/senatoriales/dans-les-coulisses-des-elections-senatoriales-en-paca-septembre-2020/

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Pour terminer, j’aimerais aborder un aspect des sénatoriales assez étrange : la question du cumul des fonctions.

Dans le parti LREM, huit sénateurs ont été élus ou réélus. Parmi ceux-là, Jean-Baptiste Le Moine, secrétaire d’Etat chargé du tourisme et Sébastien Lecornu, ministre d’Outre-Mer.

Ces deux sénateurs ont pu garder leurs fonctions en devenant sénateur. On peut donc cumuler des secrétariats d’Etat et des ministères avec le rôle de sénateur.

En soi, cette pratique est assez vieille. C’est une façon de fonctionner historique et elle peut paraitre décalée avec le rythme politique et médiatique qui s’est accéléré.

Le Sénat est en effet, une maison régulièrement assiégée sur sa manière de fonctionner, assez vieille école, avouons-le, ainsi que sur son utilité ; mais pourtant, elle est toujours là.

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SOURCES :

Restons polis ! Episode 42 : C’est quoi les élections sénatoriales 2020?

https://deezer.page.link/8S2u1L54xukwZJRY9

https://www.senat.fr/

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